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Tous les ânes s’appellent Martin. Sauf les grecs.

L’avenir de la Grèce c’est le nôtre.

Toutes les interventions et les pilonnages de nos « élites » européennes le prouvent. Vaincre Syriza est pour elles un enjeu crucial. S’il était seulement question de la gouvernance de la Grèce… non c’est du devenir des « élites » européennes et de celui de leur valetaille dont il est question, ainsi que des profits des lobbies qui les dirigent. Les « élites européennes » se battent pour les 1% qui leur donnent à manger tous les jours dont elles ne désespèrent pas de faire partie.

La plupart des Français ne voient pas ou ne veulent pas voir leur avenir dans ce miroir tendu. L’absence de vrai contre pouvoir médiatique empêche la mise au point et permet de parier qu’ils voteraient majoritairement « OUI » dimanche. Et pourtant la Grèce n’est pas loin, elle est à nos portes. Géographiquement mais aussi économiquement et socialement. Ce qui arrive à la Grèce depuis des années nous arrivera demain. Dans une moindre mesure ? Rien n’est moins sûr. Et quand ça serait ? 24% de baisse des salaires (32 pour les moins de 25 ans), seulement le départ d’un fonctionnaire sur 5 remplacé, certains fonctionnaires payés à 60% de leur traitement, la fonte continue des pensions de retraite depuis 2010, la braderie du service public, des biens publics, la destruction du système de santé, des pics d’augmentation des suicides mensuels de 36% (liste non exhaustive)… voilà ce qui arrive à la Grèce et qui va encore s’aggraver si le OUI gagne le 5 juillet. Existe-t-il un seuil dans tous ces chiffres que nous serions capables d’accepter ? De supporter ? La moitié, le tiers, les trois quarts ? À quoi serions-nous vraiment prêts ? À trancher entre notre enfant et celui de notre voisin comme candidat au suicide ? À tout perdre ? À voir notre pays transformé en friches ? Par la grâce de la Troïka, la Grèce aujourd’hui est un paysage de ruines. Aux antiques se sont ajoutées les « modernes ».

J’ai parcouru la Grèce en avril-mai 2015, partout sur le continent, même dans les endroits perdus avec une très forte concentration autour des villes, pullulent les constructions non terminées. Des magasins, des bureaux à l’état de squelettes ou avec des murs, des vitrines mais n’ayant jamais servis, vides. Des maisons, immeubles en cours de construction abandonnés, quelques fois squattés ou peut-être habités par les propriétaires eux-mêmes, avec les ouvertures obturées par des cartons.

Ces paysages fantomatiques sont poignants. Il faudrait organiser un tourisme de la douleur, des souffrances, des espoirs balayés, des vies emportées par l’Austérité. Le voyage commencerait dans les pays dévastés et se terminerait dans les locaux des banques, chez les actionnaires, dans le nouveau siège de la BCE, dans les bureaux de la Commission et du Parlement européens…

Les tentatives d’échanges sur ce qui arrive à la Grèce sont assez intéressantes. Désespérantes mais intéressantes. Révélatrices de l’état dans lequel nous sommes. Mon micro-trottoir personnel me pousse à penser que les français abreuvés, nourris et gavés au discours libéral, même s’ils n’y adhèrent pas, sont persuadés qu’il n’y a d’autre choix que l’Europe. De la même façon qu’ils considèrent que la mondialisation est un phénomène inéluctable et que le capitalisme est la seule solution. Bref TINA les habite, TINA les possède. TINA et sa morale, celle des économies, de la maîtrise du déficit budgétaire, du « qui paie ses dettes s’enrichit ».

Dicton que martèle le pays de l’Union Européenne qui s’est le plus enrichi, celui-là même qui écrit les tables de la Loi pour la Grèce, grâce en partie à l’effacement de ses dettes d’avant et après-guerre.

Dicton que pourrait faire sien le président « chrétien-social » (sic) de la Commission Européenne, celui-là même qui a permis à des multinationales de ne pas payer leurs dettes fiscales envers la société. Aujourd’hui il reproche à Alexis Tsipras de ne pas avoir été honnête avec les Grecs.

Dicton que le président du Parlement Européen, celui-là même qui avait dit : «L’austérité est une erreur », voudrait que la Grèce respecte. Il évoque des élections certes mais il veut « mettre à bas Syriza » et s’y emploie comme les autres, par l’exercice d’une pression sans nom sur les électeurs et le pouvoir grec. Il a même proposé d’aller en Grèce faire campagne pour le OUI.

Ce n’est rien moins qu’un coup d’état c’est à dire « un renversement du pouvoir par une personne investie d’une autorité illégale et souvent brutale ».

Toutes les interventions des élus, des dirigeants européens qui n’ont aucune légitimité à intervenir dans la politique intérieure grecque ont pour objectif la chute de Syriza de façon à reprendre le pouvoir par l’intermédiaire de technocrates acquis à la cause. Un putsch. Pour rétablir la dictature.

Les mots ont un sens. Celui-ci n’est pas employé à la légère. Le pouvoir absolu qu’exerce l’institution Europe est autoritaire et sans possibilité de contrôle, c’est une dictature.

Il n’est plus temps de choisir entre la peste et le choléra, entre la mort et la souillure.

Il est temps de choisir la vie.

En Grèce et ailleurs.

Votons OXI. Avec les Grecs.

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Chantage

Ça vous fait quel effet à vous les montagnes russes non pardon, grecques ? Vous savez les : « ils ont gagné » « ils tiennent tête » « ils ont renoncé » « ils n’ont pas fait ce qu’il fallait » « ils ont préservé le principal » « ils sont foutus » et j’en passe.
Moi j’ai un peu mal au cœur pour tout dire. J’ai l’impression de prendre l’ascenseur de la Tour Montparnasse (je ne sais si c’est toujours pareil mais il fut un temps où, à la montée, l’estomac venait se coller à l’œsophage) plusieurs fois par jour et qu’arrivée en haut Quatremer ou Leparmentier (c’est juste pour vous fouetter le sang que je mets leurs noms) me lâche dans le vide. Quelques fois Romaric Godin ou François Leclerc me retient par un bras, un pied ou alors carrément Yaniss ou Alexis m’intercepte entre deux étages (oui, je fréquente des supers héros). Je ne me suis pas encore écrasée au sol.

J’ai une autre question. Vous arrivez à lire tous les articles, avis, critiques, célébrations qui paraissent ? Vous avez le temps d’écouter toutes les interviews ? Vous avez encore du temps de cerveau disponible ?

Parce que si comme moi vous vous intéressez à tout ça vous devez être à la ramasse non ?
Le truc, c’est que vous ne pouvez pas vous fier, peut être encore moins qu’à l’accoutumée, aux medias mainstream – j’écris « vous » parce que je ne les fréquente plus (je sais, je vous l’ai déjà dit mais je fais du prosélytisme, on ne sait jamais, je pourrais vous convaincre) – . Ils sont tous vent debout pour protéger la main qui les nourrit. Donc, il faut chercher ailleurs, ce n’est pas facile.

Pourquoi s’y intéresser ? En dehors du fait bien sûr que Varoufakis et Tsipras sont tellement séduisants !
À ce propos, j’ai une théorie : vous savez pourquoi tous ces coincés du cul – Merkel et son ministre des finances, Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe (celui de la poignée de main ratée avec Varoufakis), Moscovici le donneur de leçons (on croit rêver non cauchemarder), Hollande l’homme du consensus (non, je ne ferai rien avec ce mot bien que.. non d’accord), Renzi l’opportuniste – font rien qu’à les embêter ?
Et bien c’est parce que tout ce ramassis est jaloux de ne faire bander personne.
Voilà pourquoi.
Parce que oui, toutes ces belles personnes, pas seulement les deux pré-citées, nous font bander ! Tous ces hommes et ces femmes magnifiques, déterminés, portés par leur mandat nous donnent le frisson. Ça en jette, des élus qui arrivent au pouvoir avec un vrai programme, qui ont réfléchi au préalable et qui bossent comme des damnés depuis l’élection.

Bien sûr on le savait, mais nous nous sommes laissé le temps de rêver, le reste de la zone Euro leur met des bâtons dans les roues et jusqu’à ériger un mur devant eux. C’est comme leur donner le choix de la mort ou de la souillure (Comme un 49-3. L’ultimatum est à la mode ces jours-ci en Europe). N’importe quel dirigeant des autres pays européens aurait choisi la souillure. Eux, ils ont fait au mieux et c’est ce que beaucoup d’entre nous leur reprochent.
Alors ça, ça m’énerve. Nous voudrions donc qu’avec leurs petits poings, ils se battent pour nous, fassent place nette de façon à ce qu’ils ouvrent la Mer Rouge pour que nous puissions passer à sec ?

Premièrement le Syriza d’aujourd’hui ce n’est plus celui de 2012, il a mis de l’eau dans son Ouzo pour être élu. Et il était à 4,21% en 2010, 27 % en 2014, pour arriver à deux sièges de la majorité absolue en janvier dernier. Donc même s’il porte le nom de gauche radicale, son programme est plutôt socio-démocrate. C’est juste que nous avons complètement oublié ce que veut dire social-démocratie grâce au foutage de gueule que constitue la politique de Hollande et cie.
Deuxièmement Syriza fait ce qu’il peut parce que je le rappelle, il le fait seul, tout seul.
Troisièmement rien ne leur est épargné, les institutions européennes les acculent depuis le lendemain de leur élection sans leur laisser le temps.

À titre personnel, j’aurais aimé qu’ils « renversent la table» (copyright Frédéric Lordon).
À titre personnel, je les aurais aimés vraiment radicaux.
Mais ils n’ont pas été élus pour ça, ce n’est pas leur mandat. Ce qui n’empêche pas qu’ils pourront le faire, l’être si les caciques qui se croient les premiers de la classe les poussent à bout, rien n’est perdu.
La moindre des choses c’est que nous les soutenions, que nous y croyions même si nous avons des réserves.
Non mais sérieux ? Faire la fine bouche quand le plus proche équivalent de Syriza fait 4% chez nous et que le seul parti d’opposition qui prospère c’est le FN… c’est un peu fort de café non ?

Il faut que nous gardions à l’esprit que ce que font la BCE, l’Eurogroupe sous les ordres de l’Allemagne et avec la bénédiction des sans-couilles ce n’est pas tuer la démocratie, ça fait longtemps qu’elle est morte en Europe, et c’est plus que tuer Syriza et tuer la Grèce, c’est plus que promettre au peuple grec plusieurs décennies d’esclavage à la dette et d’auto-flagellation car ils n’ont pas fait ce qu’il fallait, qu’ils ont fauté et que ce sont des moins que rien, des anciens va nu-pieds qui ne méritent que de retourner à leur misère, c’est plus que tout ça.

Ce que veulent ces salopards c’est nous tuer nous. Nous vriller la tête avec la vis de TINA de façon à ce que nous ne croyions plus jamais en rien, en rien d’autre et surtout que nous ne croyions plus en nous.

Sinon tu pensais que j’allais résister à mettre une photo des deux ? Non.
Binouite_2015-févr.-18

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Dépeçage

10 janvier 2015

Depuis longtemps, mon cœur et ma tête s’empierrent lentement mais sûrement. A chaque espoir déçu, une pierre pointue et tranchante s’ajoute. Chaque fois, l’aspect prévisible et inéluctable des déceptions fait que la pierre s’ajuste parfaitement avec les autres.
Si les évènements sont prévisibles, pourquoi être déçue alors ? J’ai longtemps positivé et appelé ça de l’optimisme. Aujourd’hui j’y verrai plutôt un net penchant pour le déni.

J’ai une théorie sur les jets de pierre, ils visent à nous immobiliser. Aujourd’hui et je ne saurai pas dire exactement depuis quand – j’attends vos suggestions – le phénomène s’est accéléré et il est d’une grande violence. Nous assistons à une vraie lapidation de nos forces épuisées par les jets répétés, de nos convictions qui ne savent plus vers quelle pierre se tourner pour la bloquer. Petit à petit nous n’arrivons plus à bouger, nous sommes comme tétanisés par tout ce qui tombe de toutes parts, s’enchevêtre. Les pierres ont tant de bords tranchants et de pointes affûtées que nous ne savons par où les prendre. Nous sommes dans un état de sidération.

Depuis mercredi, les origines des tirs sont multiples. Ou plutôt depuis le jour d’après. Celui où il a fallu commencer à raser les murs, même les virtuels, pour survivre et faire notre deuil en évitant les pleureurs professionnels, les Cassandre, les va-t-en-guerre, les racistes, les islamophobes… Bref pour éviter tous les cons.
Mais là, comment dire, le vol de charognards annoncé sur Paris pour honorer la liberté d’expression que la plupart d’entre eux ne reconnaîtraient pas si on la leur présentait sur un plateau avec du persil dans les narines.

Tous les escrocs de l’Europe qui entretiennent les clivages, augmentent les inégalités, appauvrissent les plus faibles et les maintiennent dans l’ignorance de façon à qu’ils n’aient plus ensuite qu’à être cueillis parfaitement mûrs par les extrémismes religieux et fascistes. Les mêmes dirigeants remarquables dans leur application à ignorer les morts de certaines guerres et à provoquer par leur inaction la mort de milliers de migrants.
Les politiques français d’hier, d’aujourd’hui, de demain qui n’ont rien fait, jamais, pour stopper la stigmatisation, aider l’intégration à part du clientélisme, de l’arrosage d’associations et des pin’s. Les mêmes qui brossent et sucent les pays qui financent et orchestrent le terrorisme.

Last but not the least, de belles pierres en forme d’étron pour couronner le pierrier, il semblerait que Avigdor Liberman et Netanyahu fassent partie du cortège, des modèles pour nous tous.

Aujourd’hui tous ces connards sont Charlie.

Demain nous allons les laisser se partager la dépouille de chacun des morts de mercredi. Ils vont s’emparer de la coupe au bol de Cabu, des yeux rieurs de Charb, du sexe de Wolinski, de l’héroïsme du policier, du sourire de Tignous, des dents de travers de Bernard Marris, de l’anonymat du concierge et du garde du corps…. les déchiqueter, les déguster, se barbouiller de leur sang, s’en repaître, les digérer jusqu’à ce qu’ils ne soient plus, jusqu’à que leurs rots ne restituent plus leur odeur, qu’on ne sache plus qui ils étaient. Qu’ils puissent servir les lois sécuritaires à venir, les guerres menées ou qui le seront, le chaos qui nous attend.

Les dessinateurs de Mickeys, les potaches irrespectueux, blasphématoires, libres et joyeux vont servir à tout ce qu’ils exécraient, caricaturaient. Je ne les idéalise pas, je ne les lisais plus sauf au hasard d’une une. Mais personne ne mérite ça.

Demain, nous les laisserons tuer une deuxième fois.

Sidération.

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Matinale je suis

J’ai déjà dit que j’étais accro à France Inter et, de fait, tous les matins, je râle …. Pour des tas de raisons et notamment sur le choix de l’invité(e) de 8h20 : « Encore lui/elle (enfin « elle », façon de parler, vous verrez plus tard) ? Mais Y EN A MARRE ! Y M’ÉNERVENT ! … ».

Bref mon pain quotidien et la croix de mon co-locataire.

Celui-ci, après ma crise du 24 février au matin (invité, Copé), me dit : « Tu n’as qu’à faire la liste, tu verras bien si ce sont toujours les mêmes ».

– La liste ? Non mais tu te rends compte ? Il faut la faire sur une année au moins, c’est un gros boulot.

– D’un autre côté, tu n’as rien à faire.

– KOUWA ? Moi ? Rien à faire ? Non mais ça va pas non ? La maison, le linge, les courses,…

Il faisait beau lundi, j’avais plein de balades au soleil à faire, sale gosse !

Aujourd’hui 25 février, il pleut, donc c’est une question de crédibilité, faut que je m’y mette.

Ma collecte commence il y a un an jour pour jour, le 25 février 2013, cela représente 246 invitations (invitations car certain(e)s sont venu(e)s plusieurs fois) pour l’interview de 8h20, qui est prolongé par les questions des auditeurs après la revue de presse de 8h30.

D’aucuns vont calculer et dire que ça ne correspond pas au nombre de jours. Deux minutes, j’explique :

–       certains jours, il y a plusieurs invités ;

–       pour les spéciales à l’étranger ou municipales, je n’ai pas répertorié car non significatives ;

–       le site[1] ne précise pas le nom de l’invité pour quelques émissions, il est hors de question que je réécoute pour savoir qui était là, que ce soit clair.

J’ai fait un (joli) fichier avec plein de couleurs et plein de… ah, non, je ne sais pas dessiner, y a que des couleurs donc. J’ai mis une légende aussi, vous avez tout ça à la fin, vous vous prosternerez. Ou pas.

J’ai étiqueté les hommes et femmes politiques par parti. Je sais ça paraît évident mais quelqu’un m’a dit que même les évidences, ce n’est pas évident pour tout le monde.

Pour les autres (journalistes, artistes, économistes…), je n’ai pas noté leur appartenance politique pour la simple raison que je ne la connais pas pour tous. Pour certains, j’ai même gougueulisé, je sais c’est mal, mais je n’avais aucune idée de leur fonction ou métier, oui, je sais, c’est (encore) mal.

Bon je commente et j’analyse en même temps, je suis cap. Je vais même structurer, tout ça pour le même prix.

SEXE

Je commence par ça, parce qu’il faut que ça sorte et que je veux être sûre que vous allez le lire : 246 invités dont 40 femmes soit 16,26 % ! 16,26 % PDBDM ! Je m’en suis étranglée. Et encore, là-dedans on a 6 femmes ministres. Ils sont OBLIGÉS de les inviter et certaines sont venues 2 fois : Touraine, Filipetti, NVB et Duflot. Taubira, Fourneyron et Batho (encore ministre) n’ont été invitées qu’une fois dans la période. Passons sur le fait qu’en une année Duflot a été sollicitée deux fois plus que Taubira (oui je suis fan, non elle n’est pas de gauche, mais oui, c’est comme ça, je suis fan).

Si on enlève les 11 invitations de ministres, il reste 29 matinales féminines soit  11,79 %.

Et ce n’est pas fini, si on retire de ces 29 les invitations d’autres femmes politiques (élues, dirigeantes de parti, candidates), il nous reste 10 invitations soit 4,06% du total sur 12 mois.

Ces 10 appartiennent aux catégories suivantes : artistes, historien(ne)s, philosophes, journalistes, économistes…soit au total 112 invitations en un an dont ces femmes représentent 8,92 %.

Continuons à enfoncer le clou, comme vous pouvez vous en douter, je suis assez déterminée. Cela signifie donc que, quand la matinale de France Inter veut un avis éclairé, qui ne soit pas celui d’un(e) politique, 91 fois sur 100, elle invite un homme. VOILÀ.

Je me demande si « C Dans l’Air », à côté de la matinale de France Inter, n’est pas un petit joueur.

Devons-nous en conclure que dans la société française, il n’y a que des experts et pas d’expertes (oui, je sais, j’ai laissé les artistes dedans mais why not ? Les artistes sont expert(e)s à nous donner de la joie et du plaisir.) ?

Au risque de passer pour une passionaria féministe, je réponds NON. Quoiqu’en fait passer pour une passionaria féministe, ça me convient assez.

Bref, revenons à nos moutons de Panurge de médias qui invitent toujours les mêmes pourvu que ce soit des hommes. Ce n’est pas une question de parité, la parité c’est nul, c’est une question de compétences. Des femmes compétentes dans tous ces domaines, y en a, plein.

Et je peux donner des noms, plein.

PARTI

Pas de surprise, le PS est au gouvernement, il truste les matinales, à un point que vous n’imaginez même pas.

Sur les 134 invitations politiques (246 moins les 112 cités plus haut, suivez que diable !) :

–       72 PS (53,73 %) dont 42 invitations de ministres[2];

–       8 EELV (5,97%) dont 3 invitations de ministres ;

–       31 UMP (23,13 %) dont, ah non c’est vrai, en fait on pourrait le croire mais il n’y a pas de ministres UMP ;

–       8 UDI (5,97 %), gageons que bientôt, il y aura des ministres UDI ;

–       4 FN (2,98%) ;

–       4 FDG (2,98%) soit Mélechon 3 fois, Laurent 1 fois ;

–       Nouvelle Donne 1 seul invité mais création fin 2013.

Je n’ai pas trop envie de commenter les répartitions entre partis.

Juste une petite remarque pour celui qui est au pouvoir : vu le temps qu’ils y passent, soit ils ont un défaut de communication, soit ils sont nuls, tous ces PS qui défilent. Je ne vois que ça pour expliquer l’impopularité de ce gouvernement.  Par exemple, le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social (sans respirer), Sapin, il est venu 5 fois c’est-à-dire plus que tous les autres ministres, sauf un (teasing). Pourtant, les incantations pour la courbe n’ont pas marché et elles ont satisfait peu de monde…

Pendant que j’y pense, il peut y avoir une autre explication, ils ne font pas ce qu’ils ont promis et se déjugent tous les jours.  A vérifier bien sûr.

En tout cas pour TINA, c’est tout bénef, 111 (PS, UMP, UDI) sur 134 : 82, 84 % ! Et remarquez bien, je ne compte pas EELV, je leur fais grâce, ni le FN, je les méprise.

Si on élargit aux experts (que des HOMMES ou presque, je tiens à le rappeler, si des fois…), c’est une hagiographie de Sainte TINA qui nous est racontée pratiquement tous les matins.

QUELQUES CAS

Quatre invitations en un an pour Bayrou. Vous êtes d’accord avec moi non ? Bayrou…. c’est, comment dire ? Non, rien. Mais ça veut dire beaucoup pour France Inter.

Copé finalement est ridicule, il n’a été invité que deux fois, je m’énervais pour rien… A l’UMP, Mariton, Pécresse, Raffarin, Bertrand font autant recette.

Pour ce parti, le champion c’est Guaino, 4 fois en un an. Il me semblait pourtant que Patrick Cohen avait affirmé ne pas inviter de cerveaux malades.

A l’UMP, ils ont un autre champion. Enfin, il n’est pas à l’UMP mais il leur fait tellement plaisir, il pourrait être membre d’honneur, c’est Valls.
Six invitations pour lui et 5 pour ses lieutenants (Urvoas, 4 et Bauer, 1). Ainsi le ministre de l’intérieur truste à lui seul 4,47 % des invitations de politiques ; 8,33% de celles du PS ; 14,28 % des ministres interviewés à 8h20. Il a été invité 6 fois plus que Taubira et, avec ses lieutenants, il égale le total des invitations des ministres femmes.

Là ce n’est pas TINA économique qui triomphe mais les idées d’exclusion, les délires sécuritaires, racistes, islamophobes.

Le TINA de ceux qui ont peur, aucune autre alternative que de se protéger, rejeter, accuser. Ceux qui croient à cette sainte TINA ne voteront pas pour le PS aux prochaines élections. Dommage un tel don de sa personne, Valls va être déçu.

Finalement, j’ai averti mon coloc, je vais continuer à râler.

[2] J’ai compté Taubira dans le PS (le PRG ça compte pas)

« Moumine » dessin de Tove Jansson volé à Mona Chollet mais elle est d’accord.

Le bô fichier (auto-dérision)

Capture d'écran 2014-02-26 à 19.07.28

Carnage

Au lendemain du soir de la victoire du choléra aux élections dans ma région, j’ai envie de dire merci. Beaucoup d’émotion déjà dimanche dernier en apprenant que PACA serait prochainement dirigée par l’extrême droite ou l’extrême droite. Parce qu’on peut toujours faire la fine bouche mais les faits d’armes d’Estrosi montrent qu’il n’a rien à envier au FN. J’aurais pu dire aussi « dirigée par une cruche ou une cruche ». L’insondable bêtise et l’incommensurable inculture des deux se valent.

Mais foin de divagations, j’ai tellement besoin d’exprimer ma reconnaissance envers tous ceux sans lesquels je ne sentirai pas ce remugle monter du fin fond de l’électorat, sans lesquels ma région n’en serait pas arrivée là. Ils sont tellement nombreux et j’ai tellement de choses à leur dire… j’espère ne pas être trop longue.

J’ai envie de dire, « à tout seigneur, tout honneur », place donc au Parti Socialiste. Lui qui a tant fait pour que la politique régionale soit laminée. Lui qui a laissé régenter et prospérer le baron Guérini[1] dans son fief sans moufter. Il faut dire, elle en a rendu des services au national, la fédération des Bouches-du-Rhône ! Jusqu’à ce que le national soit pieds et poings liés. Laisser faire et laisser dire. Jusqu’au bout du bout, jusqu’à ce que les réseaux soient bien installés et le clientélisme au top. Ainsi Guérini, l’adepte de l’arrosoir, est resté sénateur et s’est payé le luxe de quitter le PS avant que celui-ci ne le quitte.

Un autre grand moment, les municipales à Marseille et donc les primaires PS. Des candidats marqués du sceau de la magouille, avec une casserole-mutuelle qui traîne ou un syndicat dans la poche ou une dynastie qui protège ou un discours sécuritaire qui rameute.Tout ça pour les résultats qu’on sait : l’échec du PS et la victoire du cacochyme Gaudin appelé à régner. Oui parce qu’à Marseille on règne.

Continuons la descente, le puits est sans fond.

Ensuite les régionales. Aller chercher un parfait inconnu, sauf à Forcalquier, ville dont il est maire, pour affronter les camelots hyper-médiatisés MMLP et Estrosi, mais quelle idée de génie ! Pas un ténor n’a voulu s’y coller, la partie semblant difficilement gagnable. Comment on ne se battrait que quand on est sûr de garder ou gagner la place ? Ah ben oui finalement. La preuve : on ne va pas au second tour si on est le dernier côté du triangle parce que sinon… sinon on ne fait pas barrage au FN ! Mais comme ça doit bien booster le nombre d’électeurs FN, piqués de savoir qu’ils puent tellement qu’on veut leur faire barrage. Cette stratégie est aussi efficace qu’un pin’s. Les résultats du deuxième tour sont là pour le démontrer.

Au niveau national, le PS n’a pas démérité, il est important de le noter. Loin de moi l’idée de faire l’historique de ce parti, je vais me contenter de remonter aux limbes (état de l’au-delà situé aux marges de l’enfer) : Harlem Désir. Celui dont personne ne voulait mais comme personne ne voulait personne hormis son poulain… Celui-ci dégagé et mis dans un placard rémunérateur, place à Cambadélis l’opportuniste capable de dire tout et son contraire et profondément libéral. Soyons claire, je ne m’étonne pas que le PS n’ait de socialiste que le nom. Il en est ainsi depuis fort longtemps. Je m’étonne juste qu’il y ait encore des gens qui le croient. De reniements en reniements, il faut vraiment être dans le déni pour ne pas s’en rendre compte.
En outre, le PS élève ses éléphants hors-sol, ils sont coupés de la réalité. Ce qui ne manque pas de sel car ils s’affichent pragmatiques et invoquent la réalité pour moquer ceux qui croient en une alternative.
Mais n’achevons pas le PS en oubliant les frondeurs. Les frondeurs ! Ceux qui glapissent, couinent, mordillent les mollets et retournent au panier au premier coup de pied. Ils ont bien œuvré eux aussi, qu’ils en soient remerciés.

Même si je célèbre un événement régional, je ne peux que reconnaître le rôle déterminant du gouvernement et du Président de la République.
Lequel a fait tant de promesses et n’en a tenu aucune (sauf le Mariage pour tous qu’il a tellement bien soutenue et accompagnée que nous étions proches de la guerre civile).
Lequel a bien abandonné la jeunesse, priorité de son quinquennat, à son sort, son triste sort, celui du chômage, du no future pour une partie d’entre elle.
Lequel n’a pas sorti l’Education Nationale de l’impasse où l’avaient mise les précédents et a laissé la fabrique des exclus continuer à tourner à plein régime.
Lequel a oublié le corps qu’il l’avait élu au deuxième tour pour s’inscrire dans une politique délibérément libérale.
Lequel a tué les possibilités d’alternative en oeuvrant pour persuader les électeurs que l’austérité est obligatoire notamment par son absence de soutien à la Grèce.
Lequel va tolérer que le SMIC augmente de 6 centimes le 1er janvier 2016.

« Le social n’est pas une question tabou » a déclaré le porte-parole du gouvernement le 14 décembre. On ne saurait mieux dire.[2]

Le président et son premier ministre se sont jetés comme des charognards sur les cadavres de Charlie pour ressouder le pays autour des valeurs de la république, non pardon, pour ressouder le parlement autour du vote du projet de la loi Macron et pour stigmatiser les vilains-qui-n’étaient-pas-Charlie. Les vautours ont été à l’œuvre aussi après les attentats de novembre. Quel entrain à sauter sur l’occasion pour prôner le sécuritaire, instaurer l’état d’urgence, empêcher les opposants à la COP21 de manifester, assigner à résidence les « activistes ». Quel rapport avec ce que nous célébrons aujourd’hui ? Celui d’essayer de récupérer l’électorat de l’ordre, celui du FN. Avec un bel échec à la clé, les électeurs ont préféré l’original à la copie.

Je ne peux pas terminer sans remercier les partis de (la vraie ?) gauche, le PG et le PC. Le boulevard qui leur était ouvert grâce aux premiers reniements de Hollande et aux 11,10 % de Mélenchon au premier tour des Présidentielles s’est vite transformé en impasse. De dégringolade en dégringolade électorale jusqu’à finir à un total de 4,04 % au premier tour des régionales. A-t-on déjà assisté à une dissolution aussi rapide d’un électorat ? Pas sûr.

« Le guerrier des idées » a choisi d’affronter le FN au lieu de labourer le sillon d’un vrai projet social[3], le PC a joué perso à chaque élection pour garder les postes et les financements. Aucun des deux partis n’a de position claire sur l’Union Européenne -même après les évènements liés à la Grèce- à part la lutte de l’intérieur qui a fait la preuve de son inefficacité. Même s’ils ont/avaient des propositions, aucune n’est audible. Une des raisons à ce phénomène : ils critiquent et conspuent, à raison, les décisions du gouvernement mais font alliance avec le PS quand nécessaire pour garder les postes, les financements (bis repetita). Dernier exemple la semaine dernière, je ne résiste pas à vous repasser la photo du délit :

Capture d’écran 2015-12-11 à 21.17.17

Le poing levé… l’Internationale peut-être ? Les fusions techniques ce fléau.

Mais on me dit dans l’oreillette que le temps qui m’était imparti est largement écoulé. C’est toujours comme ça dans les cérémonies, les discours sont trop longs. On me souffle aussi que je n’ai pas donné les raisons de ma diatribe. Ce sont des personnes.

Celles qui, comme moi, ne sont pas allées voter, pour certaines pour la première fois même parmi celles qui disaient : « il faut voter, il y a des gens qui sont morts pour le droit de vote. »

Celles qui ont mis des bulletins barrés, déchirés, critiques, explicatifs dans l’enveloppe ou rien…

Celles qui ne croient plus en la possibilité d’un monde meilleur qui passerait par les élections.

Celles qui croient encore en la politique. Mais pas en celle-là.

[1] Mon passage préféré dans la bio Wikipédia de Guérini: « Bien qu’originaire du même village que les gangsters français Antoine et Barthélémy Guérini (…). Jean-Noël Guérini s’est toujours défendu d’être de leur famille arguant que ce patronyme est très répandu à Calenzana. »

[2] À toutes fins utiles, on trouvera ici http://el-pourrito.blogspot.fr/2015/12/mesdames-et-messieurs-la-gauche.html une liste (provisoire) des actions de ce gouvernement et du président.

[3] « FDG, merci pour ces élections » http://www.liberation.fr/debats/2015/12/13/front-de-gauche-merci-pour-ces-elections_1420419

Maternage

Tu lui as pris un billet sans changement ?
Non avec. C’est beaucoup moins cher et il l’a déjà fait tout seul, changer d’aéroport à Paris.
Oh, mais il va se débrouiller tout seul. Il l’a déjà fait ?
Oui, il l’a déjà fait. Il va y arriver, ne t’inquiète pas.
………
Il part à quelle heure ?
15h20.
Il part dans l’après-midi ?
Oui, à 15h20.
Il part demain ?
Oui, demain.
Tu auras le temps de préparer ses affaires alors ?
Il revient ce soir, il aura le temps.
Il rentre ce soir de chez son père ?
Oui. Ce soir.
……….
Remarque, il va se débrouiller, il est grand. Je lui arrive seulement à l’épaule.
Ça fait longtemps qu’il est plus grand que toi tu sais ? Et hier, le médecin l’a mesuré, il fait 1,89m.
Ah oui, moi et mon mètre-soixante ! Enfin 1,60m… maintenant j’ai diminué.
Tu sais 1,60m c’est petit, il aurait bien fini par te dépasser.
Quand il me dit bonjour, je me rends compte que je lui arrive à l’épaule.
………..
Qu’est-ce que je prends ?
Il y a des grillades, des pâtes, des pizzas.
Des pâtes, j’en mange tout le temps.
Tu veux de la viande ?
Si J était là, il prendrait des pâtes.
Oui. Que préfères-tu ?
Qu’est-ce que tu prends toi ?
Je vais prendre un tartare.
Je n’aime pas trop le tartare.
Je sais. Que veux-tu ?
Je vais prendre un filet de boeuf.
Tu veux une sauce avec le filet ?
La sauce c’est gras.
Certes, mais tu en veux de la sauce ?
Oui. Je prends celle au poivre ?
Tu as poivre, roquefort, cèpes, truffes…
Je vais prendre cèpes.
……….
La dernière fois qu’il est parti à Berlin, il avait changé d’aéroport ?
Oui, à l’aller et au retour.
Et là, il va changer ?
Oui. Seulement à l’aller.
Pas au retour alors ?
Non, pas au retour.
Oh, mais il a l’habitude, il va y arriver.
Oui il va se débrouiller et ça le fait grandir.
……….
Tu m’as dit que C allait mettre F dans une maison ?
Pas seulement C, tous les enfants l’ont décidé .
Mais F est d’accord ?
Je ne sais pas mais elle ne peut plus rester seule.
C’est très cher ces maisons, au moins 2000 € par mois.
Je ne sais pas, je n’en ai aucune idée.
……….
Tu as des nouvelles de G ?
Oui, elle est arrivée à Malte.
A Malte, c’est là où la soeur de M a sa maison ?
Non, c’est à Elbe.
Ah oui, Elbe. Elle a raison G de partir.
OUI BIEN RAISON.
Remarque, elle peut. Elle est libre, elle.
Oui, elle est libre, elle.
……
Oh dis-donc, c’est copieux.
Tu n’es pas obligée de finir.
Je sais mais c’est copieux. Ils auraient dû garnir la salade.
La salade est assaisonnée.
Je n’en peux plus.
Laisse, tu sais il y avait vraiment beaucoup à manger dans l’assiette, moi je ne finis pas.
C’est vrai que c’est copieux. Dommage qu’ils n’aient pas garni la salade.
La salade était assaisonnée.
……….
Tiens prends ma carte (bleue).
Nous n’avons pas encore fini de manger.
Oui, mais il vaut mieux que tu prennes ma carte.
D’accord.
On ne risque pas de te la prendre si tu la mets dans la poche de ton jean ?
Je suis assise.
Et ton sac, il est où ton sac ?
Il est là, à côté de moi.
Ça ne risque rien ? Parce que tu as tout dedans. Tes papiers, les clés de la voiture et de la maison, ta carte, ma carte.
Ta carte est dans la poche arrière de mon jean.
…………
Tu as eu une bonne idée de m’amener ici.
Tu veux un café ?
Oui, mais pas de dessert, j’ai trop mangé. C’était trop copieux.
D’accord.
S’il est trop amer, je mettrais du sucre. Il est souvent amer dans les restaurants. Quand il est amer je mets du sucre.
Il est bon je trouve.
Oui, il est bon. Il n’est pas amer. Je n’ai pas mis de sucre.
…….
Il part quand ?
Demain.
A quelle heure ?
15h20.

Ce moment gênant où tu réalises que la fractale dans laquelle tu vois vieillir ta mère te multiplie toi, à l’infini, dans l’avenir proche et terrible.

Gavage

J’ai cessé d’écouter France inter. J’ai eu du mal. Nous formions un vieux couple, difficile à défaire. J’avais fini par faire chambre à part mais nous nous retrouvions au petit-déjeuner. J’aurais dû être éternellement reconnaissante à cette radio qui m’a procuré mes 30 secondes de gloire.
Mais je suis une femme ingrate et volage, je lui ai jeté le café à la figure et je suis allée voir ailleurs.
Cependant, j’espionne mon ancien amour, je vois sur Twitter qui est l’invité de la Matinale.

Ça peut me donner un petit goût de revenez-y mais je n’ai succombé qu’une fois, pour Marc Roche. Écouter un libéral, propre sur lui, critiquer les banquiers les qualifiant de « banksters », ça m’excitait la libido.

Vous savez bien, la libido, le désir sexuel, l’instinct de recherche du plaisir (sexuel), si ça se trouve en cherchant bien vous en avez une aussi.

Mais ATTENTION, ATTENTION, il y a libido et libido. Tout dépend si vous êtes un homme ou une femme. Car comme vous le savez, nous ne sommes pas pareils. C’est une question de GENRE.

Si vous êtes un homme, quand votre libido vous chatouille (enfin, je ne sais pas si elle vous chatouille ou vous gratouille, mais vous vous savez), vous l’utilisez comment ? Pourquoi ? (questions rhétoriques, n’y répondez pas SVP)

Et bien, sachez monsieur que pour les femmes, la libido est un outil. Stratégique.

Imaginez que nous nous rencontrions vous et moi et que miraculeusement nous ayons chacun notre libido à satisfaire. Et bien moi, femme (vous Tarzan, bien sûr), je mettrais du cœur à combler la vôtre, et à utiliser la mienne (je ne suis pas une oie blanche), pour monter plus haut. Pas au septième ciel, ce n’est pas la peine de vous fatiguer pour ça non, plus haut dans la société, dans l’échelle sociale. Pour aller là où je veux aller en somme.
Parce qu’en plus d’être pourvues d’une libido à propulsion, les femmes sont arrivistes. Pas ambitieuses, arrivistes. Nous ne pouvons être ambitieuses ou carriéristes … le plafond de verre et tout ça. Pour arriver à faire carrière comme les hommes c’est difficile. Non, nous ce que nous voulons c’est AR-RI-VER ! Et nous ne pouvons arriver qu’en nous servant de notre (et de votre) sexe.

Ça vous fait quel effet d’être le marchepied sur lequel prend appui ma libido pour me propulser dans les hautes sphères ?

Tant que vous y trouverez votre avantage, je suis sûre que vous ferez avec, certain que je suis uniquement parce que je suis à vous. Quand je ne serai plus rien pour vous, vous êtes sûr que je ne serai plus rien du tout.
Mon parcours s’arrêtera là, à la porte que vous aurez fermée claquée derrière moi.

Si jamais je me rebiffe… que, pourvue contre toute attente de quelques mots de vocabulaire, j’écrive notre histoire, vous ne risquez rien. Tous diront que je suis l’aigrie, la mal baisée (pas par vous mais depuis que vous ne me baisez plus) et que je fais ça pour me venger.
Me venger de quoi ? Me venger d’être retombée de là où je m’étais hissée grâce à ma libido. J’existais grâce à vous, j’étais ARRIVÉE grâce à vous. Maintenant, il faut tout que je recommence.
Les hommes marchepieds vous savez, ça ne court pas les rues.

En plus, je vieillis, je suis moins belle, moins désirable et comme je suis aigrie ça n’arrange rien.
Sans compter l’effet des hormones qui me font faire n’importe quoi.
Je suis hystérique. De séductrice me voilà devenue sorcière indécente.

Des voix s’élèveront-elles pour me défendre, pour m’éviter l’humiliation ? Pas beaucoup et pas nécessairement des femmes.
En revanche beaucoup seront là, hommes et femmes, pour m’accabler et on les écoutera.
Plus ils l’auront grosse, la réputation, l’audience ou plus gros le nombre d’abonnés sur Twitter, plus on leur donnera la parole et moins leurs propos seront contestés.

Comme Onfray.

L’annonce de sa venue sur Inter n’a pas excité ma libido, je ne l’ai pas écouté mais j’ai lu ce qu’il a dit :
« Ce n’est pas une oie blanche, on sait que la libido lui a beaucoup servi dans son parcours ».

Nous sommes au XXIème siècle comme l’a fort justement fait remarquer un charmant monsieur pour s’indigner du propos scandaleux et sexiste.

Pas pour les femmes.

Apprentissage

retour de manivelle livre

Il est un aspect de la Firme méconnu c’est son dévouement à la cause de la formation des jeunes grâce à l’alternance, notamment dans l’enseignement supérieur.

« Dans le cadre d’un contrat en alternance, l’employeur* s’engage à fournir un emploi au salarié** et à organiser sa formation ».
* la Firme
** le jeune
Ainsi pendant la durée du contrat, les jeunes gens suivent des cours dans un organisme de formation (public ou privé) les préparant au diplôme requis et travaillent dans la Firme en alternance (d’où le nom, oui, ça vient de là).
Les alternants sont PAYÉS par la Firme pendant qu’ils occupent le poste de travail ET lorsqu’ils sont en cours (la Firme est généreuse).

Choisissons une Firme au hasard qui anticipe sur ses besoins en salariés. Elle détecte par exemple des besoins en personnels à venir de niveau Bac+2. Elle embauche des jeunes gens en aval et leur propose un contrat en alternance de 2 ans qui les amènera au diplôme (la Firme les prend par la en main).
La Firme choisit le contrat d’alternance le plus souple, comprendre le plus avantageux pour elle (la Firme fait partie du MEDEF).
La Firme veut recruter elle-même les alternants car elle est la meilleure en tout et PERSONNE, surtout pas ces crevards d’enseignants, ne doit en douter (la Firme est une multinationale).

Après le tri des CV, les entretiens téléphoniques et en face à face, les candidats définitivement retenus portent sur leur visage et/ou leur nom l’origine de leur famille : l’Afrique Noire, le Maghreb, les Comores, l’Arménie et la France. Leur origine mais aussi leur religion. Le black, blanc, beur made in la Firme est un mélange de cathos (l’histoire ne dit pas si les personnes d’origine arménienne sont orthodoxes ou pas), musulmans et juifs.

Exemplaire la Firme ? Levier d’intégration la Firme ? Que nenni.

Sachez que pour alimenter ses mini-Firmes situées dans les quartiers pauvres, middle-class ou riches de la Grande Ville, elle a besoin de salariés « couleur locale ». C’est aussi simple que ça. La clientèle ne sera pas dépaysée et va en être toute réconfortée (la Firme aime ses clients, fort).
La Firme ne formalise ni ne reconnaît cette politique de recrutement (la Firme est discrète). Le melting-pot final n’est qu’une question de hasard d’après elle (la Firme nous prend pour des cons).
Personnellement, je trouve cette façon de faire d’un racisme absolu et abouti. Mais ce n’est que mon opinion, vous n’êtes pas obligés de la partager.

En outre, autant de critères compliquent la sélection et influent sur la qualité du bouquet final. C’est un peu comme si pour remplir une classe, on décidait de ne pas retenir :

    • les vrais jumeaux parce qu’on a peur de les confondre ;
    • les filles à forte poitrine parce qu’on fait du 85A;
    • les garçons nommés Kevin parce que faut pas déconner ;
    • les possesseurs du permis A parce qu’ils risquent d’avoir un véhicule (voir infra) ;
    • les possesseurs de véhicule parce qu’il n’y a pas de parking dans l’université ;
    • les fausses blondes ;
    • les vraies brunes ;
    • les candidats qui mesurent plus d’un mètre quatre-vingts car les tables ne sont pas prévues pour ;
    • les candidats qui mesurent moins de 1,70m sinon ils ne pourront pas effacer la totalité des tableaux ;
    • les végétariens, les végétaliens, les allergiques au gluten et au lactose, parce que la restauration ne peut pas les nourrir ;
    • les candidats ayant au compteur plus de 8 journées d’absence en Terminale parce qu’on est exigeant mais pas réaliste…

Nécessairement les possibilités de choix sont réduites.
Dans le cas qui nous intéresse, le cocktail bien que plein de couleurs n’est pas bon.
Et c’est là que ça devient très rigolo.

Que les dieux tripotent la Firme mais les sélectionnés ont de mauvais résultats, accumulent les retards, les absences, les comportements incivils dans l’établissement de formation ET phénomène rarissime dans les mini-Firmes. ET ce dernier point, croyez-moi, n’est pas du goût de la Firme (la Firme est furax). Mais pourquoi me direz-vous ? Si, si, vous l’avez dit.

[Petit interlude sur les mini-Firmes pour répondre à votre question]
Chaque alternant a un tuteur chargé de l’encadrer, le former, l’aider. Enfin plutôt surchargé car les personnels titulaires sont de moins en moins nombreux. Ceux qui restent, de plus en plus pressés comme des citrons et crucifiés au tableau des objectifs (la Firme a des actionnaires), ont un temps de cerveau disponible à consacrer aux alternants…. qui se réduit comme peau de chagrin.
Cerise sur le gâteau, si la Firme « restructure » elle supprime le plus souvent des emplois et des postes. Il faut bien reconnaître une qualité aux Firmes c’est leur constance, pour elles restructuration = nettoyage par le vide. Ainsi, ce sont les alternants qui se retrouvent sans bureau, sans ordinateur, sans outils mais pas sans travail à faire car les tâches à réaliser perdurent et s’accumulent sur ceux qui restent… (La Firme est rationnelle). Les jeunes gens servent de variable d’ajustement pour les congés, les congés-maladie, les congés-maternité…Vous voyez la panique  si les alternants ne sont pas sérieux (la Firme a ses vapeurs) ? Parce que si les cantonner dans des tâches d’exécution primaires, qui souvent ne correspondent pas à l’examen préparé, n’est pas un problème, foutre en l’air l’organisation voir la rentabilité et peut- être même les Objectifs des mini-Firmes c’est pêcher (la Firme ne rigole pas) !
[Fin du petit interlude sur les mini-Firmes pour répondre à votre question]

Le côté savoureux, c’est que la Firme veut les utiliser et eux ne foutent rien. Comme ils ne sont pas idiots, ils se sont informés – à défaut de se laisser former-, ils se servent d’Elle, depuis le début, depuis le jour où ils ont décidé de postuler. Une stratégie sans faille qui leur permet d’être deux ans à l’abri, payé peu certes mais payé et sans risque d’être viré une fois le premier mois passé. Comme celui-ci chevauche juillet/août il se déroule juste avant/pendant les congés, impossible de se priver de main d’œuvre à ce moment là et après c’est trop tard (la Firme a les boules).

Lors des réunions semestrielles, ils regardent la Firme les yeux dans les yeux sans frémir. Ils disent qu’ils manquent de maturité (ahahahah), qu’ils vont faire des efforts (ahahahah-re), rattraper leur retard pendant l’été (ahahahah-re2). Du grand art.

Fascinant que le cynisme de la Firme se retourne contre elle (la Firme a fait école malgré tout).
Le cynisme de la société toute entière qui se donne en spectacle, les petits arrangements avec la vérité, avec la loi… en comptant aussi les mensonges éhontés servis sur un plateau à la seule heure où, éventuellement, ils regardent ou entendent la télé, les ont bien formés, sans contrat et surtout pas moral.