Archives mensuelles : juillet 2015

Tous les ânes s’appellent Martin. Sauf les grecs.

L’avenir de la Grèce c’est le nôtre.

Toutes les interventions et les pilonnages de nos « élites » européennes le prouvent. Vaincre Syriza est pour elles un enjeu crucial. S’il était seulement question de la gouvernance de la Grèce… non c’est du devenir des « élites » européennes et de celui de leur valetaille dont il est question, ainsi que des profits des lobbies qui les dirigent. Les « élites européennes » se battent pour les 1% qui leur donnent à manger tous les jours dont elles ne désespèrent pas de faire partie.

La plupart des Français ne voient pas ou ne veulent pas voir leur avenir dans ce miroir tendu. L’absence de vrai contre pouvoir médiatique empêche la mise au point et permet de parier qu’ils voteraient majoritairement « OUI » dimanche. Et pourtant la Grèce n’est pas loin, elle est à nos portes. Géographiquement mais aussi économiquement et socialement. Ce qui arrive à la Grèce depuis des années nous arrivera demain. Dans une moindre mesure ? Rien n’est moins sûr. Et quand ça serait ? 24% de baisse des salaires (32 pour les moins de 25 ans), seulement le départ d’un fonctionnaire sur 5 remplacé, certains fonctionnaires payés à 60% de leur traitement, la fonte continue des pensions de retraite depuis 2010, la braderie du service public, des biens publics, la destruction du système de santé, des pics d’augmentation des suicides mensuels de 36% (liste non exhaustive)… voilà ce qui arrive à la Grèce et qui va encore s’aggraver si le OUI gagne le 5 juillet. Existe-t-il un seuil dans tous ces chiffres que nous serions capables d’accepter ? De supporter ? La moitié, le tiers, les trois quarts ? À quoi serions-nous vraiment prêts ? À trancher entre notre enfant et celui de notre voisin comme candidat au suicide ? À tout perdre ? À voir notre pays transformé en friches ? Par la grâce de la Troïka, la Grèce aujourd’hui est un paysage de ruines. Aux antiques se sont ajoutées les « modernes ».

J’ai parcouru la Grèce en avril-mai 2015, partout sur le continent, même dans les endroits perdus avec une très forte concentration autour des villes, pullulent les constructions non terminées. Des magasins, des bureaux à l’état de squelettes ou avec des murs, des vitrines mais n’ayant jamais servis, vides. Des maisons, immeubles en cours de construction abandonnés, quelques fois squattés ou peut-être habités par les propriétaires eux-mêmes, avec les ouvertures obturées par des cartons.

Ces paysages fantomatiques sont poignants. Il faudrait organiser un tourisme de la douleur, des souffrances, des espoirs balayés, des vies emportées par l’Austérité. Le voyage commencerait dans les pays dévastés et se terminerait dans les locaux des banques, chez les actionnaires, dans le nouveau siège de la BCE, dans les bureaux de la Commission et du Parlement européens…

Les tentatives d’échanges sur ce qui arrive à la Grèce sont assez intéressantes. Désespérantes mais intéressantes. Révélatrices de l’état dans lequel nous sommes. Mon micro-trottoir personnel me pousse à penser que les français abreuvés, nourris et gavés au discours libéral, même s’ils n’y adhèrent pas, sont persuadés qu’il n’y a d’autre choix que l’Europe. De la même façon qu’ils considèrent que la mondialisation est un phénomène inéluctable et que le capitalisme est la seule solution. Bref TINA les habite, TINA les possède. TINA et sa morale, celle des économies, de la maîtrise du déficit budgétaire, du « qui paie ses dettes s’enrichit ».

Dicton que martèle le pays de l’Union Européenne qui s’est le plus enrichi, celui-là même qui écrit les tables de la Loi pour la Grèce, grâce en partie à l’effacement de ses dettes d’avant et après-guerre.

Dicton que pourrait faire sien le président « chrétien-social » (sic) de la Commission Européenne, celui-là même qui a permis à des multinationales de ne pas payer leurs dettes fiscales envers la société. Aujourd’hui il reproche à Alexis Tsipras de ne pas avoir été honnête avec les Grecs.

Dicton que le président du Parlement Européen, celui-là même qui avait dit : «L’austérité est une erreur », voudrait que la Grèce respecte. Il évoque des élections certes mais il veut « mettre à bas Syriza » et s’y emploie comme les autres, par l’exercice d’une pression sans nom sur les électeurs et le pouvoir grec. Il a même proposé d’aller en Grèce faire campagne pour le OUI.

Ce n’est rien moins qu’un coup d’état c’est à dire « un renversement du pouvoir par une personne investie d’une autorité illégale et souvent brutale ».

Toutes les interventions des élus, des dirigeants européens qui n’ont aucune légitimité à intervenir dans la politique intérieure grecque ont pour objectif la chute de Syriza de façon à reprendre le pouvoir par l’intermédiaire de technocrates acquis à la cause. Un putsch. Pour rétablir la dictature.

Les mots ont un sens. Celui-ci n’est pas employé à la légère. Le pouvoir absolu qu’exerce l’institution Europe est autoritaire et sans possibilité de contrôle, c’est une dictature.

Il n’est plus temps de choisir entre la peste et le choléra, entre la mort et la souillure.

Il est temps de choisir la vie.

En Grèce et ailleurs.

Votons OXI. Avec les Grecs.