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Maternage

Tu lui as pris un billet sans changement ?
Non avec. C’est beaucoup moins cher et il l’a déjà fait tout seul, changer d’aéroport à Paris.
Oh, mais il va se débrouiller tout seul. Il l’a déjà fait ?
Oui, il l’a déjà fait. Il va y arriver, ne t’inquiète pas.
………
Il part à quelle heure ?
15h20.
Il part dans l’après-midi ?
Oui, à 15h20.
Il part demain ?
Oui, demain.
Tu auras le temps de préparer ses affaires alors ?
Il revient ce soir, il aura le temps.
Il rentre ce soir de chez son père ?
Oui. Ce soir.
……….
Remarque, il va se débrouiller, il est grand. Je lui arrive seulement à l’épaule.
Ça fait longtemps qu’il est plus grand que toi tu sais ? Et hier, le médecin l’a mesuré, il fait 1,89m.
Ah oui, moi et mon mètre-soixante ! Enfin 1,60m… maintenant j’ai diminué.
Tu sais 1,60m c’est petit, il aurait bien fini par te dépasser.
Quand il me dit bonjour, je me rends compte que je lui arrive à l’épaule.
………..
Qu’est-ce que je prends ?
Il y a des grillades, des pâtes, des pizzas.
Des pâtes, j’en mange tout le temps.
Tu veux de la viande ?
Si J était là, il prendrait des pâtes.
Oui. Que préfères-tu ?
Qu’est-ce que tu prends toi ?
Je vais prendre un tartare.
Je n’aime pas trop le tartare.
Je sais. Que veux-tu ?
Je vais prendre un filet de boeuf.
Tu veux une sauce avec le filet ?
La sauce c’est gras.
Certes, mais tu en veux de la sauce ?
Oui. Je prends celle au poivre ?
Tu as poivre, roquefort, cèpes, truffes…
Je vais prendre cèpes.
……….
La dernière fois qu’il est parti à Berlin, il avait changé d’aéroport ?
Oui, à l’aller et au retour.
Et là, il va changer ?
Oui. Seulement à l’aller.
Pas au retour alors ?
Non, pas au retour.
Oh, mais il a l’habitude, il va y arriver.
Oui il va se débrouiller et ça le fait grandir.
……….
Tu m’as dit que C allait mettre F dans une maison ?
Pas seulement C, tous les enfants l’ont décidé .
Mais F est d’accord ?
Je ne sais pas mais elle ne peut plus rester seule.
C’est très cher ces maisons, au moins 2000 € par mois.
Je ne sais pas, je n’en ai aucune idée.
……….
Tu as des nouvelles de G ?
Oui, elle est arrivée à Malte.
A Malte, c’est là où la soeur de M a sa maison ?
Non, c’est à Elbe.
Ah oui, Elbe. Elle a raison G de partir.
OUI BIEN RAISON.
Remarque, elle peut. Elle est libre, elle.
Oui, elle est libre, elle.
……
Oh dis-donc, c’est copieux.
Tu n’es pas obligée de finir.
Je sais mais c’est copieux. Ils auraient dû garnir la salade.
La salade est assaisonnée.
Je n’en peux plus.
Laisse, tu sais il y avait vraiment beaucoup à manger dans l’assiette, moi je ne finis pas.
C’est vrai que c’est copieux. Dommage qu’ils n’aient pas garni la salade.
La salade était assaisonnée.
……….
Tiens prends ma carte (bleue).
Nous n’avons pas encore fini de manger.
Oui, mais il vaut mieux que tu prennes ma carte.
D’accord.
On ne risque pas de te la prendre si tu la mets dans la poche de ton jean ?
Je suis assise.
Et ton sac, il est où ton sac ?
Il est là, à côté de moi.
Ça ne risque rien ? Parce que tu as tout dedans. Tes papiers, les clés de la voiture et de la maison, ta carte, ma carte.
Ta carte est dans la poche arrière de mon jean.
…………
Tu as eu une bonne idée de m’amener ici.
Tu veux un café ?
Oui, mais pas de dessert, j’ai trop mangé. C’était trop copieux.
D’accord.
S’il est trop amer, je mettrais du sucre. Il est souvent amer dans les restaurants. Quand il est amer je mets du sucre.
Il est bon je trouve.
Oui, il est bon. Il n’est pas amer. Je n’ai pas mis de sucre.
…….
Il part quand ?
Demain.
A quelle heure ?
15h20.

Ce moment gênant où tu réalises que la fractale dans laquelle tu vois vieillir ta mère te multiplie toi, à l’infini, dans l’avenir proche et terrible.

Gavage

J’ai cessé d’écouter France inter. J’ai eu du mal. Nous formions un vieux couple, difficile à défaire. J’avais fini par faire chambre à part mais nous nous retrouvions au petit-déjeuner. J’aurais dû être éternellement reconnaissante à cette radio qui m’a procuré mes 30 secondes de gloire.
Mais je suis une femme ingrate et volage, je lui ai jeté le café à la figure et je suis allée voir ailleurs.
Cependant, j’espionne mon ancien amour, je vois sur Twitter qui est l’invité de la Matinale.

Ça peut me donner un petit goût de revenez-y mais je n’ai succombé qu’une fois, pour Marc Roche. Écouter un libéral, propre sur lui, critiquer les banquiers les qualifiant de « banksters », ça m’excitait la libido.

Vous savez bien, la libido, le désir sexuel, l’instinct de recherche du plaisir (sexuel), si ça se trouve en cherchant bien vous en avez une aussi.

Mais ATTENTION, ATTENTION, il y a libido et libido. Tout dépend si vous êtes un homme ou une femme. Car comme vous le savez, nous ne sommes pas pareils. C’est une question de GENRE.

Si vous êtes un homme, quand votre libido vous chatouille (enfin, je ne sais pas si elle vous chatouille ou vous gratouille, mais vous vous savez), vous l’utilisez comment ? Pourquoi ? (questions rhétoriques, n’y répondez pas SVP)

Et bien, sachez monsieur que pour les femmes, la libido est un outil. Stratégique.

Imaginez que nous nous rencontrions vous et moi et que miraculeusement nous ayons chacun notre libido à satisfaire. Et bien moi, femme (vous Tarzan, bien sûr), je mettrais du cœur à combler la vôtre, et à utiliser la mienne (je ne suis pas une oie blanche), pour monter plus haut. Pas au septième ciel, ce n’est pas la peine de vous fatiguer pour ça non, plus haut dans la société, dans l’échelle sociale. Pour aller là où je veux aller en somme.
Parce qu’en plus d’être pourvues d’une libido à propulsion, les femmes sont arrivistes. Pas ambitieuses, arrivistes. Nous ne pouvons être ambitieuses ou carriéristes … le plafond de verre et tout ça. Pour arriver à faire carrière comme les hommes c’est difficile. Non, nous ce que nous voulons c’est AR-RI-VER ! Et nous ne pouvons arriver qu’en nous servant de notre (et de votre) sexe.

Ça vous fait quel effet d’être le marchepied sur lequel prend appui ma libido pour me propulser dans les hautes sphères ?

Tant que vous y trouverez votre avantage, je suis sûre que vous ferez avec, certain que je suis uniquement parce que je suis à vous. Quand je ne serai plus rien pour vous, vous êtes sûr que je ne serai plus rien du tout.
Mon parcours s’arrêtera là, à la porte que vous aurez fermée claquée derrière moi.

Si jamais je me rebiffe… que, pourvue contre toute attente de quelques mots de vocabulaire, j’écrive notre histoire, vous ne risquez rien. Tous diront que je suis l’aigrie, la mal baisée (pas par vous mais depuis que vous ne me baisez plus) et que je fais ça pour me venger.
Me venger de quoi ? Me venger d’être retombée de là où je m’étais hissée grâce à ma libido. J’existais grâce à vous, j’étais ARRIVÉE grâce à vous. Maintenant, il faut tout que je recommence.
Les hommes marchepieds vous savez, ça ne court pas les rues.

En plus, je vieillis, je suis moins belle, moins désirable et comme je suis aigrie ça n’arrange rien.
Sans compter l’effet des hormones qui me font faire n’importe quoi.
Je suis hystérique. De séductrice me voilà devenue sorcière indécente.

Des voix s’élèveront-elles pour me défendre, pour m’éviter l’humiliation ? Pas beaucoup et pas nécessairement des femmes.
En revanche beaucoup seront là, hommes et femmes, pour m’accabler et on les écoutera.
Plus ils l’auront grosse, la réputation, l’audience ou plus gros le nombre d’abonnés sur Twitter, plus on leur donnera la parole et moins leurs propos seront contestés.

Comme Onfray.

L’annonce de sa venue sur Inter n’a pas excité ma libido, je ne l’ai pas écouté mais j’ai lu ce qu’il a dit :
« Ce n’est pas une oie blanche, on sait que la libido lui a beaucoup servi dans son parcours ».

Nous sommes au XXIème siècle comme l’a fort justement fait remarquer un charmant monsieur pour s’indigner du propos scandaleux et sexiste.

Pas pour les femmes.